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Echos du tribunal

LES ÉLÉMENTS DE LA BIP ONT TENTÉ EN VAIN DE FORCER HABRÉ À ENLEVER SON TURBAN: UN NOUVEL INCIDENT A FAIT CAPOTER L’AUDITION DANS LE FOND


Jeudi 8 Mai 2014

Le port du turban de l’ancien Président du Tchad, qui était parti pour être un simple incident d’audience, commence à prendre une tournure grave, d’autant qu’il a été à l’origine du renvoi, hier, jusqu’au 15 courant, de l’audition dans le fond, au grand dam des juges de la commission.

Sur instruction du Procureur général Mbacké Fall, les éléments de la Brigade d’intervention polyvalente (Bip) qui sont chargés de la protection rapprochée du parquetier, ont voulu forcer Habré à enlever son turban. Devant son refus catégorique et malgré l’intervention des juges de la commission qui ont demandé de le laisser monter coiffé, les agents de la Bip l’ont empêché de franchir un pas de plus sans avoir enlevé son fameux turban. Détails d’une première dans les annales de la justice nationale et internationale.

Le 29 avril 2014, la Chambre d’accusation des Chambres africaines extraordinaires (Cae) avait décidé, donnant gain de cause au procureur général, que «désormais Hissène Habré comparaîtra décoiffé et à visage découvert». Ses conseils informés de cette décision avaient dit que leur client ne s’y pliera pas. A la première convocation pour audition dans le fond, suite à ce «verdict», Habré s’est présenté dans les locaux des Cae sis à la cité Keur Gorgui.

Comme d’habitude, il était tout de blanc vêtu, turban assorti à sa tenue bien en place sur la tête. Convoqué à 9 h, il s’est présenté à 9 h 30 en compagnie de ses avocats. A 9 h 45 mn, les juges d’instruction ont demandé qu’il soit acheminé à la chambre d’instruction.

Sous bonne escorte des gardes pénitentiaires, Habré a quitté la salle des avocats. Au moment de franchir la porte des escaliers menant vers la chambre d’instruction, les éléments de la Brigade d’intervention polyvalente (Bip) qui s’occupent de la protection rapprochée du Procureur général, lui ont barré le chemin et dit qu’il ne fera pas un pas de plus tant qu’il n’aura pas ôté son turban. L’ordre émane de leur «chef», le procureur général Mbacké Fall.

Les avocats sont montés à la salle où devait se tenir l’audition pour informer les juges d’instruction qui n’en revenaient pas. Avec les conseils d’Habré, les magistrats sont descendus pour voir d’euxmêmes ce qui retenait l’ancien chef d’Etat tchadien. Malgré l’insistance des juges de laisser passer Habré, les éléments de la Bip sont restés campés sur leurs positions. De guerre lasse, les magistrats sont retournés dans la salle et renvoyé l’audition au 15 courant.

Le regisseur du cap manuel a dit niet a Mbacké Fall

Que se passera-t-il si le même scénario se reproduit et que chaque partie ne bouge pas d’un iota ? Notre langue au chat. En tout cas selon nos sources, le Procureur général, avant de faire intervenir ses «hommes», a adressé une lettre au régisseur du Cap Manuel où Habré est en détention provisoire, pour lui dire de faire en sorte que le jour de l’audience, l’ex-Président du Tchad comparaisse sans turban, conformément à la décision de la Chambre d’accusation. Le régisseur lui a répondu que ce n’est pas de son ressort de décider de la tenue des détenus, qu’il a juste la responsabilité de veiller à leur sécurité à l’intérieur et à l’extérieur. En voilà une affaire qui est loin d’être terminée.

SENEPLUS





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