Echos du tribunal

Accusation de corruption visant le Doyen des juges d’instruction : Des sms faussement « compromettants » qui risquent de coûter cher à Mayoro Mbaye


Vendredi 31 Janvier 2014

Dans le bras de fer entre Alioune Ndiaye et Mayoro Mbaye relatif à l’affaire Maritallia, qui a tourné en faveur du premier, des rumeurs et accusations de corruption visant le Doyen des juges d’instruction (Dji) et orchestrées par le perdant ont pollué ces derniers jours Dakar. L’accusateur tardant à rendre publics ces fameux sms porteurs de la preuve de la corruption de Mahawa Sémou Diouf, le juge a contre-attaqué. Suite au constat de l’huissier Me Abdoulaye Bâ, Libération a publié in extenso les « sms compromettants » qu’il a échangés avec Mayoro Mbaye. Et, interdiction d’en rire car, le magistrat instructeur a d’ores et déjà commis Mes Khassim Touré et Boubacar Wade pour porter plainte devant le tribunal correctionnel.


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Suite au constat d’huissier, dressé le 29 janvier 2013 par Me Abdoulaye Bâ, on y apprend que tout commence le 09 septembre 2013. Le Doyen des juges d’instruction reçoit du numéro 77644… (Ndlr : celui de Mayoro Mbaye) le sms qui suit : « Doyen, j’espère k vtre suivi de la procede.demutation et de notre expulsion envisageeo.ne donne le contraire de vtre propo kil y a d interessant ds le jugemnt… » Il réagit en ces termes : « J ai pas compris. Cé ki svp ? ». L’expéditeur répond : « C Mayoro cher Doyen ». Le Dji lui fait savoir : « l’avocat m avait promis de ne pas t expulser j’espère que ça été le cas ? ». « Je ne crois pas en.leurs promesses ils ont mute et assigne. Ils veulent ma mort. Il est tps que vs me tendiez la main que vs me tendiez la main en Pensant a ma famille qui a souffert… », rétorque Mayoro Mbaye. Le Dji ne réagit pas. 

Le 16 septembre, Mayoro Mbaye revient à la charge : « Bjr doyen. Jrappel la promesse et compte bcp sur vtre action. Fraternellement. Mayoro ». Mahawa Sémou Diouf ne réagit pas. 

Le 1er octobre, le requérant se signale à nouveau : « Bjr doyen. Audience refere s/expulsion delibéré le 14 du mois. Mayoro ». Le Dji ne réagit toujours pas. 

Un mois après, exactement le 03 novembre 2013, le Dji reçoit un sms incompréhensible : « Zapz se o liklmzsanni A… Ha !!!+99 ! », mais ne réagit toujours pas. 

Le 16 novembre 2013, Mayoro Mbaye envoie cet autre sms nettement plus claire au Dji : « Doyen. Par votre action.vs pouviez éviter k le cynisme soit pousse a L.extreme La veille du mariage de ma fille. Ses oncles lui envoient un ordre d.expulsion… » Comme précédemment, il ne répond pas. Pour finir, l'huissier note : « Après avoir parcouru la mémoire du téléphone détenu par le requérant, je n’ai pas constaté aucun autre message envoyé à partir du numéro 77644… ». 

Quant aux avocats de Mahawa Sémou Diouf, ils ne se sont pas arrêtés là. Ils ont envoyé une sommation à la Sonatel pour quatre éclairages : « A qui appartient le numéro de téléphone 77450… (ndlr : celui du Dji), à qui appartient le numéro suivant 77644…, y’aurait-il des échanges de messages dits « Sms » entre ses deux numéros ? A quelle période ? Dans l’affirmative, quel est le contenu desdits messages ». Ces réponses en main, ils vont déclencher une procédure judiciaire, une énième pour Mayoro Mbaye qui risque d’être particulièrement périlleuse. 

LERAL
 


Abdoul Aziz Diop