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Vidéo-La France rend hommage aux victimes et prépare la riposte: Même pas peur!


Lundi 16 Novembre 2015

ATTENTATS DE PARIS – La France rend hommage aux victimes et prépare la riposte – Deux autres jihadistes identifiés – Série de perquisitions et d'interpellations…


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Bombardement sur les jihadistes en Syrie, perquisitions tous azimuts, arrestations : touchée par des attentats sans précédent, dont deux nouveaux auteurs ont été identifiés, la France riposte et panse ses plaies.

Lundi à midi, le pays s'est tu en hommage aux 129 morts (103 ont été identifiés) et 352 blessés des attentats qui ont frappé vendredi soir le Stade de France, la salle de spectacle du Bataclan et plusieurs bars et restaurants de la capitale.

Place de la République, à Paris, des centaines de personnes se tenaient la main, le visage tourné vers la statue, sur laquelle un drap a été tendu : "Même pas peur".

François Hollande, qui a observé la minute de silence à la Sorbonne, s'adressera à 16H00 aux députés et sénateurs réunis en Congrès à Versailles pour "rassembler la nation". La veille, la France a bombardé le fief de l'Etat islamique (EI) à Raqa, dans le nord de la Syrie, réponse directe à la revendication des attentats par l'organisation jihadiste.

De son côté, l'enquête progresse, avec l'identification de deux autres jihadistes.

Samy Amimour, 28 ans, originaire de Drancy en Seine-Saint-Denis, est l'un des assaillants du Bataclan. Mis en examen en octobre 2012 pour un "projet de départ avorté vers le Yémen", il avait violé son contrôle judiciaire à l'automne 2013 et un mandat d'arrêt international avait été délivré, a expliqué lundi le procureur de Paris.

Le deuxième est un kamikaze du Stade de France à côté duquel un passeport syrien au nom d'Ahmad Al Mohammad, 25 ans, a été retrouvé. L'authenticité de ce passeport "reste à vérifier" mais les empreintes du kamikaze concordent avec "celles relevées lors d'un contrôle en Grèce  en octobre 2015", a précisé le procureur. Cinq kamikazes morts vendredi sont identifiés en tout.

Depuis vendredi, 168 perquisitions administratives ont été menées dans les milieux islamistes, 104 assignations à résidence prononcées, 23 interpellations réalisées et 31 armes saisies, a annoncé le ministre de l'Intérieur. "Ce n'est qu'un début", a assuré Bernard Cazeneuve, promettant une "riposte implacable".

Dans la région de Lyon notamment, un lance-roquettes, des gilets pare-balles, plusieurs pistolets et une kalachnikov ont été saisis.

Pendant ce temps, les Français retrouvaient le chemin de l'école ou du travail.

"Mon fils ne voulait pas aller à l'école", racontait lundi matin Ikrame, maman de deux garçons de neuf et onze ans, à Montreuil. "Il a peur, on était au Stade de France vendredi soir. On s'est cachés dans les toilettes quand on nous a dit qu'il y avait eu des tirs."

Des attentats "préparés à l'étranger"

A 13H00, les musées, salles de spectacle et autres établissements culturels, fermés ce week-end, rouvriront.

La France va "vivre longtemps" avec la menace terroriste et doit se préparer à de "nouvelles répliques", a prévenu le Premier ministre Manuel Valls.

Les enquêteurs poursuivent leurs investigations sur les "trois équipes de terroristes" qui auraient, selon la justice, mené ces attaques.

Parmi les assaillants du Bataclan figure Omar Ismaïl Mostefaï, 29 ans, né dans l'Essonne et fidèle d'une mosquée près de Chartres. La Turquie  avait alerté la France à son sujet à deux reprises en un an mais n'a reçu aucune réponse, a assuré à l'AFP un responsable gouvernemental turc.

Bilal Hadfi, 20 ans, qui s'est fait sauter au Stade de France, et Brahim Abdeslam, 31 ans, qui s'est fait exploser boulevard Voltaire, étaient des Français résidant en Belgique.

Les enquêteurs s'intéressent à la fratrie Abdeslam.

Un des frères, Mohamed, a été placé en garde à vue en Belgique mais les services antiterroristes sont sans nouvelle d'un troisième, Salah, qui pourrait être un des kamikazes ou en fuite. La justice belge a émis un mandat d'arrêt international et la police française a lancé un appel à témoin à l'encontre de cet "individu dangereux", qui a loué une Polo noire immatriculée en Belgique retrouvée garée devant le Bataclan, où 89 personnes ont péri.

Brahim a de son côté loué une Seat noire, également immatriculée en Belgique et retrouvée à Montreuil avec à son bord trois kalachnikov, onze chargeurs vides et cinq pleins.Les liens avec la Belgique sont clairs. Les attentats "ont mobilisé une équipe d'acteurs situés sur le territoire belge et qui ont pu bénéficier, l'enquête le dira, de complicités en France", a affirmé Bernard Cazeneuve dimanche, après un entretien avec son homologue belge Jan Jambon.

L'union nationale malmenée

L'enquête belge se concentre sur la commune bruxelloise de Molenbeek, considérée comme une plaque tournante des jihadistes, où la police a lancé une nouvelle opération massive lundi.

D'après le journal flamand De Standaard, Brahim Abdeslam avait dans le passé côtoyé un jihadiste belge notoire de l'EI, Abdelhamid Abaaoud, considéré en Belgique comme le cerveau des attaques déjouées en janvier dans la ville belge de Verviers. Un lien existe entre ces deux hommes mais il est trop tôt pour en préciser la nature, a confirmé une source proche de l'enquête à l'AFP.

Pour Manuel Valls, "cet attentat a été organisé, pensé, planifié depuis la Syrie", et les enquêteurs tentent d'éclaircir ces connexions.

Samy Amimour est allé en Syrie il y a deux ans, selon sa famille récemment rencontrée par l'AFP. Objet d'une fiche S pour radicalisation en 2010, Mostefaï y a très vraisemblablement séjourné entre 2013 et 2014. Hadfi y est aussi allé, selon une source proche de l'enquête.

A Versailles, le discours du président Hollande, qui a reçu dimanche les dirigeants des différents partis, prendra une dimension politique.

Le parti Les Républicains a obtenu que chaque groupe parlementaire puisse s'exprimer dix minutes à l'issue du discours.

Dix mois après les attentats de janvier, l'"union nationale" est déjà ébranlée. L'ex-président Nicolas Sarkozy, patron des Républicains, a réclamé "des modifications drastiques de notre politique de sécurité", avec bracelets électroniques et résidence surveillée pour toutes les personnes fichées comme radicalisées, ainsi qu'une "nouvelle politique" européenne de l'immigration.

Florian Philippot, numéro deux du Front national, a appelé, lui, à "réarmer notre Etat"

Dans le monde, les témoignages de solidarité envers la France continuent d'affluer.

AFP


Abdoul Aziz Diop