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Dominique de Villepin candidat à l'élection présidentielle


Dimanche 11 Décembre 2011

PARIS (Reuters) - Dominique de Villepin a annoncé dimanche soir sa candidature à l'élection présidentielle française de 2012, une candidature de "gaulliste indépendant" dont il assure qu'elle n'est en rien inspirée par sa rivalité et son animosité passées avec le président sortant Nicolas Sarkozy.


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L'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, qui est âgé de 58 ans, a marqué sa volonté de "rassembler" les Français "au-dessus des partis" pour défendre "une certaine idée de la France" dans le sillage historique du général de Gaulle.
Les derniers signaux adressés par l'imprévisible fondateur de "République solidaire" avaient pourtant laissé entrevoir l'hypothèse contraire et une possible conciliation avec le chef de l'Etat.
Dominique de Villepin avait en effet rencontré à plusieurs reprises Nicolas Sarkozy depuis l'été et avait assuré début décembre que la page de l'affaire Clearstream, dans laquelle le président sortant l'accusait de manipulation à son encontre, était désormais tournée.
Dominique de Villepin a réaffirmé dimanche soir qu'il avait "laissé la rancune de côté".
Le parti présidentiel, l'UMP, avait mis en garde en termes choisis l'ancien ministre des Affaires étrangères sur les risques d'un "21 avril à l'envers" aux dépens de Nicolas Sarkozy en 2012. Le 21 avril 2002, le candidat socialiste Lionel Jospin avait été éliminé dès le premier tour en raison de l'éparpillement des votes à gauche.
Désormais, la dispersion menace à droite avec, outre celle de Dominique de Villepin, les candidatures de François Bayrou, Hervé Morin, Christine Boutin et Nicolas Dupont-Aignan.
"LA FRANCE EST HUMILIÉE"
A l'UMP, on oscillait dimanche soir entre surprise et philosophie en estimant que cette candidature de "témoignage" pourrait ne pas aller à son terme.
"Tout n'est pas fermé, notre main est toujours tendue", a déclaré la députée Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe de l'UMP, sur i-télé.
Moins diplomate, le secrétaire d'Etat UMP au Logement, Benoist Apparu écrit sur son compte Twitter : "Villepin candidat à la présidentielle ! A quoi ça sert ? Surprenante posture du sauveur !".
Le député UMP Lionel Tardy s'interrogeait pour sa part sur la capacité du candidat, qui compte peu de soutiens et de relais politiques, à réunir les 500 parrainages nécessaires et à mettre en place un budget de campagne.
Le sénateur socialiste André Vallini s'est dit surpris par la nouvelle qu'il juge "mauvaise" pour Nicolas Sarkozy.
Dans un sondage LH2 pour Yahoo diffusé dimanche, Dominique de Villepin est crédité d'un pour cent des intentions de vote, alors qu'il avait atteint entre 6% et 9% à l'été.
L'ancien Premier ministre, qui n'a jamais brigué jusqu'ici le suffrage universel, a expliqué sa décision par la volonté de ramener sur la voie du redressement une France "humiliée" par la loi des partis et des marchés.
"Les Français souffrent et je ressens comme beaucoup de Français que la France est humiliée quand elle subit la loi de la République des partis", a-t-il dit.
"Quand nous voyons les Verts, les socialistes, discuter le bout de gras sur le comptoir - et quel bout de gras -, le nucléaire, la place de la France au Conseil de sécurité des Nations unies, eh bien je m'inquiète", a-t-il poursuivi à propos de l'accord entre le PS et Europe Ecologie-Les Verts (EELV).
"IL Y AURA DES SURPRISES"
"De la même façon, quand je vois que la France est humiliée par la loi des marchés, cette loi des marchés qui nous impose toujours plus d'austérité, qu'en est-il de la justice sociale, qu'en est-il de l'emploi, qu'en est-il de la croissance, qu'en est-il de nos usines, de nos banlieues, de nos campagnes?", a-t-il lancé.
"Je n'accepte pas cette situation, et c'est pourquoi j'ai décidé d'être candidat à l'élection présidentielle de 2012".
Refusant un positionnement partisan, il a appelé au rassemblement face à la crise, ce que certains à l'UMP interprètent comme une candidature de complément à Nicolas Sarkozy, utile au premier tour.
"Ce que je veux, c'est rassembler tous les Français, ceux de gauche, ceux de droite, ceux du centre et c'est l'idéal gaulliste qui est le mien".
"Je sais que je ne choisis pas la facilité, je ne suis pas un homme politique professionnel, même si j'ai servi la France et l'Etat pendant trente ans, et même si, pendant plus de six années, on a tout fait pour m'écarter de la vie politique, multipliant des accusations fausses", a-t-il déclaré à propos de l'affaire Clearstream.
L'ancien Premier ministre a été définitivement relaxé en septembre dernier dans cette affaire après six ans de procédure et deux procès.
"J'ai plaidé et je me suis battu pour que les relations entre Nicolas Sarkozy et moi-même redeviennent des relations républicaines et apaisées. C'est chose faite", a assuré Dominique de Villepin.
"Je ne me suis jamais déterminé en matière politique pour des raisons personnelles. J'ai laissé la rancune de côté, j'ai laissé les accusations de côté également", a-t-il insisté.
"Le rendez-vous de 2012 sera le rendez-vous de la vérité, du courage et de la volonté. Vous verrez que dans cette campagne de 2012, il y aura des surprises, beaucoup de surprises", a prédit Dominique de Villepin.

La Rédaction