Médias

Dépénalisation des délits de presse: Me Abatalib Guèye demande d’abord un assainissement


Mercredi 7 Mai 2014

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Le député non-inscrit Me Alioune Abatalib Guèye a invité les professionnels des médiats à assainir leur secteur d’activité avant de réclamer une dépénalisation des délits de presse.

Dans un entretien avec le correspondant de l’APS à Saint-Louis, Me Abatalib Guèye a signalé la présence, dans le milieu de la presse, de « beaucoup » de journalistes qui « ne devraient pas y être ». « Il faut d’abord assainir (le secteur) en extirpant de ce corps la mauvaise graine avant de songer à dépénaliser », a-t-il dit.

Selon ce parlementaire, la présence dans le milieu de la presse d’acteurs sans formation, n’ayant pas le profil pour être journaliste, est « à l’origine de beaucoup de dégâts ». « Il y’a de très bons journalistes dans tous les domaines économique, politique et sportif, qui ont permis à notre pays de faire des progrès dans plusieurs domaines », a relevé le député.

« Il y’a aussi des gens qui y sont parce qu’ils ont échoué partout et sont engagés par des patrons de presse qui veulent la facilité et ne veulent pas recruter des professionnels », a-t-il toutefois fait valoir. « Ces gens sont payés pour insulter et on vous dit qu’avec le nouveau code de la presse, ils ne seront plus condamnés pour des peines d’emprisonnement, mais vont vous payer des dommages et intérêt », a-t-il avancé.

« L’honneur n’a pas de prix et nous sommes dans une société africaine traditionnelle où la famille et d’autres considérations comptent », a-t-il ensuite soutenu. « Si moi je vous insulte, a-t-il poursuivi, on me condamne à une peine de prison, et si c’est un journaliste, non, il est simplement condamné à des dommages et intérêts ». « Aujourd’hui, avec le développement des nouvelles technologies, il est facile de devenir journaliste.

Avec un Ipad, tu peux diffuser » des informations de toutes natures. Or, il est seulement préconisé une amende en cas de faute, « pour une personne dont le patrimoine ne dépasse pas 50 000 FCFA ». Selon lui, il est par ailleurs fait un mauvais procès aux députés accusé d’avoir rejeté le nouveau code de la presse, alors que le texte en question « n’est pas encore soumis à l’Assemblée nationale ni à la conférence des présidents encore moins à la plénière ».

Si l’on en croit Me Abatalib Guèye, la vérité, c’est que le ministère de tutelle avait seulement saisi la majorité qui a manifesté sa réticence à voter ce projet datant de la onzième législature coïncidant avec le régime de Me Abdoulaye Wade. « Ces députés de la onzième législature étaient contre ce projet et pour les mêmes raisons aujourd’hui, nous sommes contre », a dit Me Guèye, non sans se féliciter du souci des journalistes d’organiser leur corporation


Adama Cisse