Tortures dans les prisons sénégalaises : 20 décès enregistrés

Lundi 25 Juin 2018

Au moins 20 personnes sont décédées du fait de la torture, du mauvais traitement ou d’un usage excessif de la force dans les lieux de détention.


Le Comité départemental de Développement (CDD) tenu à Linguère, a permis de présenter l’Observatoire national des lieux de Prévention de Liberté, conduit par Josette Marceline Lopez Ndiaye. Créé en juin 2009 et fonctionnel depuis 2012, l’institution a une mission de prévention de la torture. Selon Josette Marceline Lopez Ndiaye, la torture et les mauvais traitements demeurent une pratique au Sénégal. 

« Au cours des dix  dernières années, 20 personnes au moins sont décédées en détention dans les MAC, brigades et commissariats de police du fait de la torture et des mauvais traitements », a révélé Mme Josette Marceline Lopez Ndiaye. Beaucoup de personnes ont été torturées et la plupart d’entre elles sont soit avec un handicap, soit avec un traumatisme physique ou psychologique qui nécessite des soins médicaux spécialisés, soutient M. Ndiaye. Elle a en outre dénoncé la vétusté et l’étroitesse de plusieurs maisons d’arrêt et de correction du pays, qui datent pour la plupart de l’époque coloniale. Madame Ndiaye de se féliciter de la  construction de la prison de Sébikotane, d’une capacité de  1500 places, et les efforts consentis par les pouvoirs publics pour améliorer les conditions de vie carcérale. 

Le préfet Cheikh Ahmadou Bamba Koné a informé que la MAC de Linguère accueille, pour le moment, 75 détenus qui sont bien traités. Malgré la vétusté et l’étroitesse des locaux de la MAC de Linguère,  des recommandations ont été formulées pour améliorer  les conditions de vie carcérale. Le président du tribunal départemental de Linguère, Mor Lô, a pris la parole pour apporter certaines précisions. « Depuis que je suis là, aucun cas de torture ne m’a été signalé.   J’effectue des visites inopinées dans ce lieu de privation de liberté, mais j’ai toujours constaté que les conditions de vie des détenus  sont acceptables ». 

A la suite du C.D.D, l’Observateur National des Lieux de Privation de Liberté et son équipe ont effectué des visites à la brigade de Gendarmerie et à la Maison d’Arrêt et de Correction de Linguère. Il est d’ailleurs prévu d’organiser un atelier de formation de deux jours à l’intention des agents d’exécution des lois. 

Rewmi Quotidien
Abdoul Aziz Diop