Sen Revue de presse

Presse-revue: Les "prolongations" des législatives en exergue


Mardi 1 Aout 2017

La livraison de mardi de la presse quotidienne traite en priorité des "prolongations" des législatives de dimanche, en référence aux "incertitudes" relatives aux résultats des uns et des autres, des lendemains de défaite annoncée qui font grandement déchanter dans certains camps.


"Le Temps de la contestation", souligne ainsi Sud Quotidien, selon lequel après la coalition de la majorité Benno Bokk Yaakaar (BBY), "Manko Taxawu Senegaal", celle de l’opposition regroupée autour de certaines de ses principales figures, se dit à son tour victorieuse à Dakar, qui semble être le département le plus convoité.

"Alors que Mahammed Boun Abdallah Dionne a annoncé que +Benno Bokk Yaakaar a remporté 42 départements sur les 45 et n’a perdu que Saraya, Kédougou et probablement Mbacké+, et que la tête de liste de la même coalition à Dakar, Amadou Bâ, et ses co-investis se sont déclarés vainqueurs dans le département, du côté de Manko Taxawu Senegaal, on soutient, mordicus que la capitale sénégalaise est restée dans le giron de Khalifa Sall", rapporte Sud Quotidien.

En conséquence, "Manko Taxawu se rebelle", annonce le quotidien L’As en première page, en citant notamment le maire de la commune d’arrondissement de Mermoz Sacré-Cœur, Barthélémy Dias, un des bras droit de Khalifa Sall, le maire de Dakar détenu depuis début mars et tête de liste nationale de cette coalition de l’opposition.

"Khalifa Sall a demandé aux Dakarois de sortir dans les rues tous les jours", a déclaré Dias dont les propos sont rapportés par le journal. La réplique du ministre Abdoulaye Diouf Sarr, du camp adverse, également relayée par L’As, ne s’est pas fait attendre, suggérant à l’opposition de faire l’addition de ses voix "pour se convaincre de sa défaite".

Manko Taxawu Senegaal "conteste la victoire annoncée de Benno dans la capitale" et "révèle que dans 300 centres de vote, plus de 1028 personnes ont voté avec leurs ordres de mission. En conséquence, elle entend s’opposer de toutes ses forces pour que sa victoire ne soit pas confisquée", écrit L’As.

"La riposte ne s’est pas fait attendre chez Manko Taxawu Senegaal qui, à la suite de la déclaration de victoire du camp de Benno Bokk Yaakaar à Dakar, a convoqué la presse pour revendiquer la victoire dans la capitale", note également L’Observateur.

"Au lendemain des élections législatives, la bataille de Dakar continue toujours d’alimenter le débat", les partisans de Khalifa Sall déplorant par exemple "les dysfonctionnements notés" dans l’organisation du scrutin, ’’tout en réaffirmant leur victoire dans le département de Dakar", rapporte Le Témoin quotidien.

"C’est la proclamation définitive des résultats qui va séparer la coalition Benno Bokk Yaakaar et la coalition Manko Taxawu Senegaal à Dakar. En attendant, relève le journal Le Quotidien, dans le département, chaque partie crie victoire".

Si l’on en croit Libération, Dakar a bel et bien "basculé" dans le camp du pouvoir. "Les chiffres confirment que la bataille de Dakar a été rude mais gagnée au final par la liste BBY conduite par Amadou Bâ", écrit le journal.

Il concède toutefois une "guerre des chiffres" entretenue par les deux camps, pendant que Vox populi revient sur les raisons de "la déroute de l’opposition et de ses ténors". La "large victoire" de BBY "a été facilitée par l’opposition qui n’a pas su exorciser ses vieux démons", analyse le journal. Vox Populi évoque notamment une dispersion de voix et des querelles de positionnement.

"Certaines coalitions et individualités ont gagné plus que d’autres aux législatives de dimanche. L’avancée Benno, la percée PUR, la révélation Ndawi Askan Wi et le retour imprévu de Guirassy sont autant de paramètres soumis" par Enquête à deux politologues, pour en faire l’analyse et tirer les "leçons" du scrutin de dimanche.

De même, "Wade sauve le PDS de l’humiliation", estime Walfquotidien. "Même s’il n’a pu empêcher la victoire de la coalition au pouvoir, écrit le journal, Abdoulaye Wade a au moins permis à son parti de rester dans le jeu politique".

"L’essentiel de ses ténors ayant connu des déconvenues dans leurs bases, le Parti démocratique sénégalais (PDS) serait enterré si le prophète du Sopi n’avait fait le tour du pays à 92 ans", en tant que tête de liste nationale de la "coalition gagnante/Wattu Senegaal", dont son parti est la principale force, analyse Walfquotidien.

APS



Abdoul Aziz Diop