Sen Revue de presse

Presse-revue: Le problème de la délivrance des cartes d'électeur à la Une


Mardi 25 Juillet 2017

Le problème de la délivrance des cartes d’électeur est le principal sujet traité par les quotidiens reçus mardi à l’APS avec la saisine du Conseil constitutionnel par le chef de l’Etat afin de permettre le vote avec des pièces autres que la carte biométrique Cédéao.

Le chef de l’Etat, Macky Sall, a saisi le Conseil constitutionnel "sur la possibilité que les électeurs n’ayant pu retirer leur carte d’électeur puissent voter aux élections législatives du 30 juillet 2017" avec d’autres documents, dont la carte d’identité nationale numérisée, a-t-on appris lundi de la présidence de la République.

Compte tenu des "lenteurs notées dans le retrait des cartes d’identité biométriques", cette saisine vise à amener le Conseil constitutionnel à autoriser les électeurs à voter avec une carte d’identité nationale numérisée, ou une carte d’électeur numérisée, ou un passeport, ou un permis de conduire, ou encore un document d’immatriculation, pour les "primo-inscrits" non détenteurs d’un des quatre premiers documents administratifs déjà indiqués, selon un communiqué de la présidence de la République.

Il y a ‘’cafouillage au sommet’’ dans l’organisation et le déroulement du scrutin, note Enquête. ‘’Si ce n’est pas un aveu d’échec, ça en a tous les attributs. Après le report prôné par Moustapha Diakhaté, c’est au tour de Macky Sall de saisir le Conseil Constitutionnel pour permettre aux citoyens de voter avec des pièces autres que la nouvelle carte biométrique Cédéao. Une proposition rejetée par les partisans de Me Wade et Khalifa Sall’’, constate le journal.

Cette ‘’trouvaille’’ de Macky Sall, selon Vox Populi, ‘’enflamme les tensions’’. ‘’Entre aveux d’échec et solution catastrophe, le pouvoir attaqué de toutes parts’’, écrit le journal. Dans Vox, le président de la CENA, Doudou Ndir, confie : ‘’La situation est telle qu’il faut faire preuve de beaucoup d’imagination’’.

L’Observateur parle de ‘’mauvais jeu de cartes’’ et estime que ‘’cela pourrait être une solution qui crée des problèmes’’. Le journal se fait l’écho des réactions de désapprobation que suscite cette saisine au sein de l’opposition.

‘’Aucune fraude ne sera tolérée’’ (Me Wade) ; ‘’Que Macky Sall se débrouille pour délivrer les cartes d’identité’’ (Ousmane Sonko) ; ‘’Macky Sall est en train d’étaler ses limites’’ (Me El Hadj Diouf) ; ‘’La démarche de Macky Sall s’inscrit dans un vaste plan de fraude’’ (Idrissa Seck).

Selon L’Obs toujours, ‘’le mouvement Y en a marre exige la démission du ministre de l’Intérieur’’.

C’est ‘’le poker menteur des cartes’’, note Le Témoin qui estime que le ministre de l’Intérieur ‘’a fini par étaler toute son incompétence pour organiser les élections de dimanche prochain’’.

‘’Si le président de la République en est arrivé à saisir le Conseil constitutionnel (…) c’est parce que l’indisponibilité des cartes risque d’attiser le feu qui couve sous la cendre des discours des Sénégalais et des Sénégalaises n’ayant pas encore le privilège de recevoir leurs cartes’’, ajoute le journal.

C’est ‘’la confusion totale’’, s’offusque l’AS, soulignant que Me Wade qui a avait appelé à une marche pour la délivrance des cartes ‘’ rejette la proposition’’ du chef de l’Etat. Pour lui, ‘’il est hors de question que les Sénégalais votent avec les anciennes cartes et le récépissé d’inscription’’, écrit le journal.

Les cartes numérisées, passeports, permis de conduire, etc, deviennent ‘’les recours de Macky Sall’’, note Le Quotidien qui relève que ‘’le faible de taux de retrait des cartes biométriques présageait d’une formule alternative pour faciliter aux citoyens l’expression de leur droit de vote’’.

Dans le journal, le président de la CENA, Doudou Ndir, soutient que le ministre de l’Intérieur ‘’a été honnête en disant que ses services ne peuvent pas produire toutes les cartes’’.

Walfadjri se demande ‘’comment l’Etat s’est fait rouler dans la farine’’ dans cette opération de confection des cartes biométriques’’.

‘’La fracture sera gravée dans les mémoires. Avec les nombreux problèmes sur la disponibilité des cartes d’électeurs qui font planer le doute sur la tenue du scrutin à date échue, on peut dire que l’Etat s’est bien fait rouler dans la farine malaisienne’’, écritWalf.

‘’Le Sénégal qui a déboursé 50 milliards de francs Cfa risque d’être la risée du monde. Et si ce magot n’était pas perdu pour tous ?’’, ajoute le journal.

Avec cette saisine du Conseil constitutionnel, ‘’Macky Sall garantit le vote à tous les électeurs’’, estime Libération.

Les journaux abordent également la volonté de Me Wade d’organiser sa marche pour la délivrance des cartes d’électeur en dépit de l’interdiction par les autorités compétentes.

Me Wade ‘’maintient sa marche’’, souligne Vox Populi. ‘’Abdoulaye Wade et sa suite seront bel et bien à la Place Washington (ministère de l’Intérieur). L’assurance est du Parti démocratique sénégalais (PDS) malgré l’interdiction préfectorale (…), relève le quotidien Enquête.
APS



Abdoul Aziz Diop