Economie

Pénurie de sucre local sur le marché à Rufisque: Le produit connaît une légère hausse


Jeudi 9 Juin 2016

En ce début de Ramadan, certaines denrées bien que prisées par les populations se font rares sur le marché. A Rufisque, le sucre local connaît une légère rupture dans les stocks des commerçants établis au niveau du marché central. Une situation qui, selon Joseph Diouf, directeur du Service départemental du commerce intérieur de Rufisque, est dû à un déficit sur le marché qui se répercute sur le prix.


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Le sucre, denrée prisée, en cette période de jeûne, est incontournable pour la préparation de certains plats. C’est le cas de la bouillie (plat préparé à base de mil), du café ou du lait servi à l’heure de la rupture. Le sucre intervient dans la préparation de certains mets concoctés, des sirops et autres aliments en ce début du mois de pénitence. 

Pour certains, la consommation d’une forte dose d’aliments sucrés de cet élément blanc en morceaux ou en poudre est quasi indispensable en cette période de jeûne. Des moments d’abstinence alimentaire essentiels pour compenser les calories brûlées après une journée de pénitence. Un tour au marché central nous a permis de constater de visu la rupture de stock de sucre. 
Mody Sèye, grossiste tient un magasin qui a pignon sur rue à Ousmane Socé Diop. Trouvé derrière son comptoir, ce commerçant qui est à la tête d’une entreprise familiale, déclare que le sucre local produit par la Compagnie sucrière Sénégalaise (Css) manque depuis une semaine. 

Cette réponse ne semble pas agréer cet homme au couvre chef bien visé sur la tête. Peu enthousiaste par une telle réponse, le quinquagénaire en caftan bleu, qui indique avoir quitté un quartier périphérique de la cité de Mame Coumba Lamb pour venir s’approvisionner en ville, se décide alors d’aller voir une autre boutique à la recherche d’un hypothétique point de vente de sucre.

La grosse de sucre en morceaux vendue à 3700 au lieu de 3500 francs Cfa

A quelques encablures du magasin «Chez Sèye et frère» se trouve la rue Faidherbe. Trouvé en plein marchandage en cette après midi de forte canicule, Ablaye Diouf, le gérant nous accorde tout de même un peu de son précieux temps pour nous lister les prix  de cette denrée devenue subitement invisible sur le marché rufisquois. Le jeune homme au teint ambré, avec une habileté déconcertante, décline les coûts : «Présentement, la grosse de sucre en morceaux coûte 3700 au lieu de 3500 francs Cfa».

Une situation identique chez cette autre grossiste sis à la rue Garonne. Au bas de l’étage de cet immeuble qui fait face à la pharmacie centrale, ce vendeur, trouvé assis sur des sacs de riz, nous renseigne que le sucre local est indisponible comme s’il avait deviné l'objet du débat. «Beaucoup de clients sont venus pour s’en approvisionner, mais le produit est introuvable et cela depuis une semaine», a-t-il soutenu.

Selon Joseph Diouf, directeur du Service départemental du commerce intérieur de Rufisque, le sucre local de la Css connaît une légère rupture sur le marché. Une diminution qui, poursuit-il, «a occasionné une rupture due à un problème de disponibilité et de livraison qui se répercute sur le marché surtout en cette période de forte demande».

Pour bon nombre de Rufisquois rencontrés au marché central de Rufisque, le système de commercialisation souffre d’une concurrence du sucre en poudre importé. Ce qui a comme effet immédiat, la hausse vertigineuse du prix de certaines denrées dont la fabrication nécessite du sucre, avec comme corollaire une répercussion sur les bourses des consommateurs en ce début de Ramadan.

Du côté de la Css, Louis Lamotte dégage toute responsabilité. Selon le directeur conseil de la Compagnie sucrière Sénégalaise, «la situation de pénurie, si elle est vérifiée, n’est pas imputable à la Css qui est plutôt orientée sur le sucre cristallisé, même sur sa production en morceaux relève à peu près de 10% de sa production globale. Ce segment est en partie géré par les importateurs de sucre. Et il y a beaucoup d’importateurs».

«Nous continuons à produire les morceaux comme nous l’avons toujours fait. Mais notre production, c’est surtout le cristallisé et il est disponible sur le marché. Mais s’il y a une défaillance dans l’approvisionnement par l’importation du sucre en morceaux, on peut effectivement arriver à des situations de quasi pénurie. En tous les cas, nous chercherons par notre production à remplacer tous ces importateurs qui n’ont pas, pour des raisons qui leur sont propres, importé suffisamment de sucre», explique Lamotte. 
«La situation actuelle n’est pas imputable à la Css, mais nous allons voir une solution. Et s’il faut accélérer notre production pour combler le déficit, nous le ferons», annonce-t-il.

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La Rédaction