Politique

Limogé hier pour «Fautes lourdes» : Adama Sall paie pour sa témérité


Vendredi 9 Septembre 2011

Après le réaménagement intervenu il y a quelques jours dans le gouvernement, le chef de l’Etat vient encore de ‘couper la tête’ d’un membre du gouvernement. Il s’agit de Adama Sall devenu, depuis hier soir, l’ex-ministre de l’Assainissement et de l’Hygiène publique.Il est reproché des fautes lourdes à l’ancien socialiste reconverti au libéralisme.


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Adama Sall n’est plus le ministre de l’Assainissement et de l’Hygiène publique. Le chef de l’Etat en a décidé ainsi, depuis hier en fin de soirée. L’information a été donnée par la télévision nationale à la grande édition de 20 h. Et pour remplacer l’ancien ministre, le chef de l’Etat a juste éclaté son ministère. Désormais, le département de l’Assainissement a été confié au ministre de l’Urbanisme, Oumar Sarr. Quant à l’Hygiène publique, elle est revenue au ministre de la Santé Modou Diagne Fada. Quant aux raisons ayant conduit à son limogeage, des sources bien informées avaient déjà révélé, il y a quelques semaines, que ‘Adama Sall était sur le départ’. Et que le décret de son limogeage a été déjà signé. ‘Après avoir signé le 3 septembre le décret le limogeant, le chef de l'Etat, Abdoulaye Wade, avait renoncé à le publier suite à diverses pressions’, annonçait le site dakaractu. Expliquant les raisons du courroux de Wade contre son ministre, la même source écrit qu’il s’agit surtout ‘des plaintes récurrentes reçues par le chef de l'Etat depuis juin 2010 où il l'a nommé à la tête du département de l'Urbanisme. A partir de cette date, Sall a limogé tous les chefs de service de l'Urbanisme de Dakar, Thiès et Mbour et fait nommer un directeur régional de la capitale, Serigne Ndiaye, qui fut écarté pour des pratiques peu orthodoxes. Avant de multiplier les lotissements contestés à Ouest-Foire, sur la bande verte, autour de l'aérogare des pèlerins, dans certaines poches des Almadies à remembrer... ’
Selon toujours dakaractu, la goutte d'eau qui a fait déborder le vase est sans nul doute l'autorisation donnée par Adama Sall, le 26 août dernier, de lotir la plage de Diamalaye, en dépit de l'interdiction formelle par le chef de l'Etat de tout lotissement dans cette zone. ‘Me Wade est entré dans une colère noire quand il a appris que son ministre a outrepassé son instruction et que le terrassement avait commencé. Il a ordonné son arrêt immédiat et décidé de faire suite aux nombreuses plaintes qu'ils avaient reçues, selon lesquelles Adama Sall imposait un quota de terrains pour lui-même avant d'autoriser le moindre lotissement’, écrit le site dakaractu. ‘Les nombreux griefs ont amené Wade, début août, à arbitrer en faveur du directeur du Cadastre Taïbou Ndiaye un bras de fer qui l'opposait au ministre de l'Urbanisme. C'en est aujourd'hui fini de ce dernier qui avait été interdit depuis plusieurs années d'exercer une fonction publique par un rapport de la Cour des comptes relatif à sa gestion à la tête de la Société d'aménagement de la Petite-côte (Sapco)’, ajoute la même source. Autant de ‘fautes lourdes’ qui ont amené Me Wade à sortir le sabre contre cet ancien socialiste reconverti au libéralisme.
Georges Nesta DIOP
walf

La Rédaction