Le mariage musulman

Mercredi 3 Aout 2011

La chasteté
La fornication
Le mariage
Le choix de la femme
Le choix du mari
Le tuteur ou wali
Le consentement de la femme
La dot - le douaire
La polygamie
Le mariage et le travail en Islam
Le divorce
Qui demande le divorce ?
La garde des enfants
L'adultère
Qu'est ce qu'un adultère pour l'islam ?
Comment prouver qu'il y a eut adultère ?
Quelle peine encourt l'homme ou la femme adultère ?
Peut-on se remarier après avoir commis un adultère ?
Autres points sur le mariage musulman
Le mariage de jouissance



Le mariage (zawaj) tiens une place majeure dans l'islam car la structure de base de la société islamique est la famille. Le Coran et la tradition (Sunna) conseillent de se marier et de marier ses proches. Mais le mariage islamique n'est pas un sacrement comme le mariage chrétien, c'est un contrat (nikah) passé entre la femme et l'homme.
La chasteté

La chasteté (préservation de la virginité) est un sujet qui, dans les esprits, est souvent lié à la femme. Mais c'est une erreur.

Coran (Traduction de Kasimirski), Sourate 24 :

30. Commande aux croyants de baisser leurs regards et d'être chastes. Ils en seront plus purs. Dieu est instruit de tout ce qu'ils font.
31. Commande aux femmes qui croient de baisser leurs yeux et d'être chastes [...]

C'est surtout la tradition populaire qui remet tout le poids de l'honneur de la famille sur la chasteté des femmes. Mais il faut noter qu'il n'est pas possible de vérifier qu'un homme est toujours vierge.

Notons aussi que la seule femme dont le nom apparait dans le Coran est Marie, mère de Jésus. Et les musulmans comme les chrétiens reconnaisse la virginité de Marie. (Coran, Sourate 21, verset 91)
La fornication

(relation sexuelle hors du cadre du mariage) est aussi condamnée par le Coran :

Coran (Traduction de Jaques Berque), Sourate 17 :

32. N'approchez pas de la fornication
- C'est une infamie, une voie funeste.

Hamza Boubakeur dans sa traduction à aussi retenu le terme de fornication, et Jean-Luc Monneret (Les grands Thèmes du Coran, J-L Monneret, Ed. Dervy, p. 270, note 41) ajoute qu'ici le terme à un sens large.
Le mariage musulman
Le choix de la femme

Les hommes musulmans peuvent épouser une non-musulmane, juive ou une chrétienne (Coran, Sourate 5, verset 5). Mahomet lui-même n'a pas épousé que des musulmanes (comme Marie la Copte).
Le choix du mari

D'après le coran, le mari doit être un musulman. La femme ne peut pas être mariée à un chrétien ou à un juif (Coran, Sourate 2 Verset 221).
Le tuteur ou wali

Le tuteur ou wali est l'homme musulman qui donne la femme à marier. On notera qu'un mahram (homme avec qui la femme ne peut se marier (père, frère, ...)) peut ne pas être un wali dans le cas ou celui-ci est non musulman. Ainsi un père non musulman ne peut être considéré comme tuteur devant la loi islamique.

Pour une femme qui se marie pour la première fois, il faut obligatoirement l'accord du tuteur, qu'elle soit mineure ou majeure. Mais elle peut avoir un recours devant un juge (cadi) si le tuteur refuse son accord et qu'elle pense avoir des arguments valables. Si le mariage a été prononcé sans le tuteur, la validité du mariage dépend toujours de l'accord du tuteur.

Pour une femme qui à déjà été mariée (divorcée ou veuve) elle n'a pas besoin d'un tuteur pour se marier.
Le consentement de la femme

Le consentement de la femme est obligatoire, elle ne peut être mariée sans son consentement. Le silence de la femme est considéré comme son consentement. On rappelle à cette occasion ces deux hadiths :

"`A’icha (qu’Allah soit satisfait d’elle) a dit : Je demandai à l’Envoyé d’Allah (pbAsl) si les vierges doivent être consultées par leurs parents au sujet de leur mariage. "Oui", répondit le Prophète. - "Mais, répliquai-je, si l’on demande son consentement à la vierge, elle aura honte et gardera le silence." - "Eh bien, reprit-il, son silence sera un consentement". Sahîh Muslim 2544

"’Abû Hurayra (qu’Allah soit satisfait de lui) rapporte que le Prophète (pbAsl) dit : "La femme ayant déjà été mariée (veuve ou divorcée) ne peut être donnée en mariage que sur son ordre ; la vierge ne peut être donnée en mariage qu’après qu’on lui ait demandé son consentement." - "Et comment donnera-t-elle son consentement, ô Envoyé d’Allah ?", demandèrent alors les fidèles. - "En gardant le silence", répondit le Prophète." Sahîh Muslim 2543
La dot - le douaire en islam

La dot (mahr) est payée par le mari à la femme (et non aux parents de la femme). Elle peut jouir de cette dot à sa guise, le mari n'a aucun droit sur cette dot même en cas de divorce.

Coran (Traduction de Kasimirski), Sourate 4 :

3. [...] Assignez librement à vos femmes leurs dots ; et s'il leur plaît de vous en remettre une partie, jouissez-en commodément et à votre aise.

Par contre, le douaire peut servir à la femme pour acheter sa liberté.

Coran (Traduction de Kasimirski), Sourate 2 :

229. La répudiation peut se faire deux fois. Gardez-vous votre femme ? Traitez-la honnêtement ; la renvoyez-vous ? renvoyez-la avec générosité. Il ne vous est pas permis de garder ce que vous leur avez donné, à moins que vous ne craigniez de ne point observer les limites de Dieu (en vivant avec elles). Si vous craignez de ne point les observer, il ne résultera aucun péché pour aucun de vous, de tout ce que la femme fera pour se racheter. Telles sont les limites posées par Dieu. Ne les franchissez pas ; car qui franchit les bornes de Dieu est injuste.

Si la femme est répudiée avant d'avoir été touchée, et avant d'avoir reçu son douaire, elle devra tout de même recevoir quelque chose. Hamza Boubakeur précise que 'Abû Hanîfa recommande de verser la moitié du douaire.
La polygamie

Coran (Traduction de Kasimirski), Sourate 4 :

3. Si vous craignez d'être injustes envers les orphelins, n'épousez que peu de femmes, deux, trois ou quatre parmi celles qui vous auront plu. Si vous craignez encore d'être injustes, n'en épousez qu'une seule ou une esclave. Cette conduite vous aidera plus facilement à être justes. Assignez librement à vos femmes leurs dots ; et s'il leur plaît de vous en remettre une partie, jouissez-en commodément et à votre aise.

La polygamie (un mari avec plusieurs femmes) n'est pas une obligation, elle est un droit donné à l'homme. Toutefois, il n'est pas permit de prendre plusieurs femmes dans les deux cas suivants :

- si l'on ne peut pas etre équitable avec chacune de ses femmes (temps consacré, biens...)
- si la première femme a fait préciser dans le contrat de mariage qu'elle n'acceptait pas la polygamie de son mari. La seule solution pour le mari est alors de divorcer. (d'après les écoles juridiques sunnites sauf l'école hanafite)

Il est important de noter que certains pays musulmans ou à majorité musulmane ont interdit la polygamie :

- Tunisie
- Turquie

ou bien l'on rendu très compliquée :

- Maroc
Le mariage et le travail de la femme en Islam

La femme peut travailler mais son travail ne doit pas remettre en cause la cohésion de sa famille et de son foyer. On sait que la première femme de Mahomet, Khadija était elle-même une riche commerçante.
Le divorce

Le divorce est reconnu par l'islam (contrairement au christianisme par exemple). Un homme ou une femme divorcés peuvent donc se remarier. Mais on dit souvent en islam que le divorce est parmi les choses permises par Dieu, la plus détestée.
Qui demande la divorce ?

L'homme et la femme on le droit de demander le divorce
La garde des enfants

Pour toutes les écoles juridiques, la garde des jeunes enfants est toujours accordée à la mère si elle en a les moyens financiers. Pour les enfants plus âgés, les avis divergent.
L'adultère
Qu'est ce qu'un adultère pour l'islam ?

Une personne adultère est une personne qui a une relation sexuelle avec une autre personne que son conjoint. Une relation homosexuelle est aussi considérée comme adultère.
Comment prouver qu'il y a eut adultère ?

Coran (Traduction de Kasimirski), Sourate 24 :

4. Ceux qui accuseront d'adultère une femme vertueuse, sans pouvoir produire quatre témoins, seront punis de quatre-vingts coups de fouet ; au surplus, vous n'admettrez jamais leur témoignage en quoi que ce soit, car ils sont pervers.
5. A moins qu'ils ne se repentent de leur méfait et ne se conduisent exemplairement ; car Dieu est indulgent et miséricordieux.
6. Ceux qui accuseront leurs femmes et qui n'auront d'autres témoins à produire qu'eux-mêmes jureront quatre fois devant Dieu qu'ils disent la vérité,
7. Et la cinquième fois pour invoquer la malédiction de Dieu sur eux s'ils ont menti.
8. On n'infligera aucune peine à la femme si elle jure quatre fois devant Dieu que son mari a menti,
9. Et la cinquième fois, en invoquant la malédiction de Dieu sur elle si ce que le mari a avancé est vrai.

On dit parfois qu'il est très difficile de prouver qu'il y a eut adultère, mais il faut bien noter que c'est seulement si on ne peut pas produire quatre témoins qu'il faut jurer qu'il y eut adultère et que alors l'accusé peut lui se défendre et s'aquitter en jurant à son tour son innocence.
Quelle peine encourt l'homme ou la femme adultère ?

Coran (Traduction de Kasimirski), Sourate 24 verset 2 :

2. Vous infligerez à l'homme et à la femme adultères cent coups de fouet à chacun. Que la compassion ne vous entrave pas dans l'accomplissement de ce précepte de Dieu, si vous croyez en Dieu et au jour dernier. Que le supplice ait lieu en présence d'un certain nombre de croyants.

Kasimirski à retenu la notion d'adultère tout comme R. Khawam, alors que R. Blachère, Si Amza Boubakeur, J. Berque ont retenu la notion de fornication. J. Grosjean, lui, a choisi la notion de débauche.

Autre verset

A la sourate 4, verset 15/16 ou 19/20 suivant les lectures, on retrouve également la notion d'adultère. Toutefois, d'après Jacques Berque, ce verset serait abrogé par le verset 2 de la sourate 24. Blachère traduit Turpitude mais en note précise qu'il s'agit d'adultère. Pour le verset 15 Blachère note : "Il n'est en fait point douteux que le présent verset donne au fornicateur possibilité de se racheter[...]". Ce qui, pour lui, est confirmé par le passage traduit par "détournez-vous d'eux" dans le verset suivant.

Traduction de R. Blachère :

15. A l'encontre de celles de vos femmes qui commettent la Turpitude, requérez témoignage de quatre d'entre vous ! Si ceux-ci témoignent [de la chose], retenez [ces femmes] dans [vos] demeures jusqu'à ce que la mort les rappelle [au Seigneur] ou qu'Allah leur donne un moyen.
16. Celui ou celle qui, parmi vous, commettent [la Turpitude], sévissez contre eux ! S'ils reviennent [de leur faute] et [se] réforment, détournez-vous d'eux ! Allah est révocateur et miséricordieux.

Il est difficle de savoir s'il s'agit d'une peine de mort, ou d'une peine d'enfermement à vie. D'après J-L Monneret et les notes de certains traducteurs, il s'agirait d'une peine d'enfermement ne devant pas entraîner la mort. Blachère la qualifie d'indulgente et Monneret précise que la Coran ne recommande pas de donner la mort pour l'adultère. Enfin Monneret ajoute que ce verset a parfois été "interprété comme une autorisation de les murer jusqu'à étouffement par les maçonneries". Mais il n'en dit pas plus sur ces interprétations.

Dans le Coran il n'est nul part question de lapidation pour punir l'adultère.
Peut-on se remarier après avoir commis un adultère ?

Oui, une personne adultère peut se remarier mais uniquement avec une autre personne adultère (Coran, Sourate 24, verset 3).
Autres points sur le mariage musulman
Le mariage de jouissance

(zawâj al-mut'a) : Coran, Sourate 4, verset 24. Ce mariage de jouissance fut aboli pas Omar, mais restera licite pour les chiites. Un hadith abroge ce verset :

"Ô hommes... Je vous avais certes autorisés à pratiquer le "mariage de jouissance", et Dieu a certes interdit la chose jusqu'au Jour de la résurrection. Que celui qui était lié ainsi à l'une de ces femmes lui rendent sa liberté. Ne prenez rien de ce que vous leur avez donné." (pas d'information sur l' "authenticité" de ce hadith)



SOURCES



Les grands Thèmes du Coran, Jean-Luc Monneret, Ed. Dervy, 2003.

http://www.muslimfr.com/modules.php?name=News&file=article&sid=303

http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=1128

SenXibar.com