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Société

INSTALLATION DES DÉGUERPIS DE SANDAGA : ÇA ROUSPÈTE FORT


Mardi 4 Août 2020

Le service de recensement voire de réclamation ne désemplit pas, ce lundi matin, sur le site de recasement de l’extension du marché champ de courses, au lendemain de la démolition du marché Sandaga, effectuée hier dimanche, 2 août. Adama Demba Kébé, tablier de son état, attend son tour sur une des chaises installées devant ledit bureau. Il vient aux nouvelles après son inscription sur les listes la semaine dernière. Sur place, Emedia apprend que le commerçant en question devra encore patienter. Car pour le moment les registres sont ouverts aux détenteurs de cantines seulement. Avant toute autre procédure.

"On plonge dans l’inconnu"

À l’intérieur du site, bonjour les lamentations. Ça rouspète de tous les côtés. Angoisse et scepticisme se lisent sur le visage de la plupart des commerçants venus s’installer. Tantôt on se plaint de l’exiguïté des cantines, tantôt on déplore l’insécurité.

Une dame, en robe rouge, multiplie les allées et venues à la recherche de sa cantine. Déjà fixé, Moussa Fall, lui, est mécontent de la surface reçue, 1m2 au champ de courses contre 4m2 qu’il occupait à Sandaga. C’est ainsi qu’il a directement saisi le Préfet de Dakar, Alioune Badara Samb. "Normalement, je devais recevoir une réponse aujourd’hui mais je ne l’ai pas encore vu. Je l’attends", précise le commerçant établi à Sandaga depuis 1979.


Ça saute aux yeux que les commerçants pleurent déjà Sandaga. C’est le cas de Mame Cheikh Sarr, vendeur de matériel électronique. Pour la petite histoire, il a passé 37 ans à Sandaga. Peinant à couper le cordon ombilical, il hésite à plonger dans l’inconnu.

"Cette place ne me dit rien qui vaille, nous confie-t-il, d’une petite voix. Elle est mal positionnée. En plus, à Sandaga, j’étais assez éloigné du bâtiment central. En fait, je ne devais même pas faire partie des déguerpissements. Mais c’est la Volonté divine, on doit s’incliner. Une chose est sûre, j’ai hâte que les travaux finissent pour qu’on puisse regagner Sandaga".

Originaire de Diourbel, il a rappliqué à Dakar à peine la Tabaski fêtée en famille. Mais il ne compte pas faire long feu dans la capitale sénégalaise. Car, après avoir rangé son matériel, il a fermé boutique, nous expliquant qu’il va rentrer à Diourbel le temps de retrouver ses esprits. "J’étais juste revenu pour sauver mes bagages. Rien d’autre. Il me faudra du temps pour que la pilule passe".

Problématique de la sécurité

Serigne Niang Diop, vendeur de lunettes né en 1942, semble être dans de meilleures dispositions. L’homme, trouvé en pleins rangements, s’en est remis à Dieu malgré les difficultés vécues. "C’était vraiment infernal, pour moi, ces dix derniers jours. Je faisais des va et vient entre Sandaga et ici pour les rangements, du matin au soir. Mais on rend grâce à Dieu. J’ai des enfants qui travaillent, d’autres sont à l’étranger mais je viens dans ma cantine pour rester en forme. Si je reste à la maison, j’ai peur de ne plus pouvoir me lever. C’est pour cela que je résiste", ajoute le Yeumbellois.

Plus virulent, ce vendeur de prêt-à-porter, qui a requis l’anonymat, charge l’État, arguant qu’ "(il) ne (les) considère pas. Cette zone n’est pas faite pour le commerce. Quiconque dit le contraire se leurre. Je ne veux pas de cantine ici. Parce que je fais partie des premiers commerçants déguerpis à Peytavin. J’ai fait là-bas un voire deux ans. Résultat des courses, j’ai fait faillite. J’avais deux femmes avant que ma famille ne vole en éclats", dit-il, amer.


Côté surface, Tamsir Seye, tailleur, est loin de se plaindre. "On m’a donné le même espace qu’à Sandaga", se réjouit-il. En effet, il faut dire que sa cantine est bien placée et bien aérée. Seul bémol, il alerte sur un problème lié à l’insécurité qu’il a eu à y vivre à peine installé. Preuve à l’appui, il exhibe son cadenas cassé, racontant qu’il a retrouvé sa cantine ouverte alors qu’il l’avait fermée après y avoir rangé quelques bagages. "Je parle au nom de tous les commerçants. Cela ne doit pas se reproduire. Il faut qu’on y veille".

Venu superviser le déménagement de son fils, Mama Ndiaye Mbaye est charmé par la propreté des lieux. Fort de ce fait, il insiste sur "l’entretien" de l’espace. Dans un autre registre, il invite les commerçants à prendre leur mal en patience, rappelant que Rome ne s’est pas faite en un seul jour. "Il faut de la patience avant que la mayonnaise ne prenne", appuie-t-il.

La SEN’EAU a alimenté le système général d’incendie. Il y a également de l’eau dans les toilettes malgré la faible pression. "Le branchement ne s’est pas fait dans une ligne où la pression est la plus optimale", confesse Oumar Ndoye, directeur technique de Sutra.

Il enchaîne : "Dans la construction, on a utilisé la solution Sutra (avec) une épaisseur de 20 cm pour une bonne isolation thermique. Cela veut dire que ces cantines-là si le soleil tape, par exemple, de 08 heures à midi, ça ne transmet pas la chaleur à l’intérieur de la cantine. Alors que si c’était des murs en brique, ils vont emmagasiner la chaleur et restituer ça durant la nuit. Mais aussi une isolation au feu. En général, quand il y a une construction, on veut que les gens puissent avoir le temps d’évacuer avant qu’un sinistre ne se produise. La résistance au feu permet de tenir le bâtiment en l’état le temps qu’on évacue les personnes et accessoirement les biens. Il y a une durée de résistance au feu qui est relativement optimale. Côté sécurité incendie, si les sapeurs-pompiers arrivent, ils n’auront pas besoin de camions citernes, ils se brancheront sur les bouches d’incendie pour éteindre le feu, dans les différents points stratégiques pour intervenir".


Les agents de la SENELEC sont trouvés à l’œuvre. "Pour ce qui est des branchements, on a finalisé pratiquement la veille de la Tabaski. Là, les boitiers n’ont pas de compteurs. Pour la SENELEC, il y a deux volets : le branchement a été déjà réalisé, et la validation de l’installation de l’installation a été déjà faite. Maintenant, il y a le volet facturation. Donc, ceux qui vendent le courant, eux, c’est un autre problème. Il faut identifier qui est qui", renseigne Ndoye.

Abdou Karim Fofana, le ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’hygiène publique, était représenté, sur place.


aadkr


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