Economie

Exploitation de gaz : Les 10% détenus par le Sénégal sont insignifiants, selon Babacar Diagne


Mardi 2 Février 2016

Le président du Conseil des entreprises du Sénégal (Cdes), Babacar Diagne, trouve insuffisants les 10% détenus par le Sénégal dans l’exploitation du gaz.

Le gaz découvert au large des côtes sénégalaises fait débat, même s’il faudra encore attendre des années pour voir son exploitation (2020). Cette fois-ci, c’est le président du Conseil des entreprises du Sénégal (Cdes) qui donne son avis sur cette découverte. Kosmos détient une participation de 60% dans le puits Guembeul-1, aux côtés de Timis Corporation Limited (30%) et de Petrosen (10%). Ce qui n’est pas du goût de Babacar Diagne. Il estime que le Sénégal devait au minimum détenir les 40%. «On n’a manqué d’ambitions. 10% ce n’est pas ambitieux. On nous dit après que les redevances peuvent aller jusqu’à 70%, c’est du toc. Il faut au minimum avoir 40%, pourquoi ne pas avoir nos propres forages à commencer à faire l’exploitation ! Les investissements pour faire un forage sont de 100 milliards et l’exploitation de ce gaz va coûter 3 milliards de dollars, soit 1 500 milliards de nos francs», estime-t-il.
Selon lui, les 10% détenus par le Sénégal pour l’exploitation du gaz sont insignifiants. «Sur les 10%, le Sénégal va participer à l’investissement de 150 milliards. A un taux de 40%, le Sénégal sera obligé de trouver des financements à hauteur de 600 milliards. Il s’agit de voir comment faire une campagne financière, de faire un emprunt obligataire de 10 ans pour collecter facilement 1 000 à 1 500 milliards. Sur les quatre forages, le Sénégal peut dépasser les 40%», explique M. Diagne. Pour le président du Cdes, ce n’est pas un problème de coût, qui d’ailleurs n’est pas élevé, mais plutôt un problème d’ambition. Pour ne pas vivre le même scénario avec l’or qui n’a pas eu un impact sur le budget du Sénégal, il recommande un Conseil présidentiel sur l’investissement minier. La question qui se pose, selon lui, c’est comment trouver les moyens humains et financiers pour l’exploitation de ces ressources miniers. «Pourquoi ne pas créer une taxe sur la consommation uniquement pour cela ! Le matériel d’exploitation ne coûte rien. Même les structures comme la Senelec devraient participer au financement», soutient-il, précisant qu’avec les 10%, c’est presque impossible de mettre un fonds souverain pour le Sénégal.
LOBS



Abdoul Aziz Diop