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Absence de réactivité des sénégalais: Momar Ndiongue et DR Jean Charles Biagui livrent les raisons


Mardi 15 Mai 2018

L’absence de réactivité des Sénégalais face à certaines questions d’ordre sociétal ou politique constatée depuis l’avènement du régime du président Sall n’est pas le fruit d’un hasard


Absence de réactivité des sénégalais: Momar Ndiongue et DR Jean Charles Biagui livrent les raisons

L’absence de réactivité des Sénégalais face à certaines questions d’ordre sociétal ou politique constatée depuis l’avènement du régime du président Sall n’est pas le fruit d’un hasard. L’avis est du journaliste et analyste politique, Momar Ndiongue, et du Dr en sciences politiques, Jean Charles Biagui, Enseignant chercheur à Université Cheikh Anta Diop. Interpellés sur cette situation actuelle, nos deux interlocuteurs reviennent sur les vrais raisons du semblable désintéressement des Sénégalais, notamment face aux multiples appels à manifester.

MOMAR NDIONGUE, JOURNALISTE ET ANALYSTE POLITIQUE :«Mack Sall a coupé la connexion qu’il y avait entre la société civile, la presse et les populations»

Sous le régime libéral du président Wade, la société civile et la presse avaient joué un rôle essentiel dans la conscientisation des Sénégalais. C’est la connexion établie entre la presse, les organisations de la société civile et les populations, qui était en grande partie à l’origine des manifestations populaires enregistrées sous le régime de Wade. Si, vous vous souvenez à l’époque, pour ce qui est des coupures d’électricité, il y avait le collectif des imams de Guédiawaye qui a eu à faire un exercice de communication qui a coûté cher à l’ancien régime concernant la bataille d’opinion.

La presse également car, il ne se passait pas un seul jour sans qu’il n’y ait un titre des principaux quotidiens de la place très négatif pour le régime en termes d’actions, de politiques, de choix et la situation difficile du pays. Il y avait aussi les critiques systématiques de grandes figures de la société civile contre l’ancien régime en place. Maintenant quand Macky Sall est venu, il a coupé cette connexion parce qu’il s’est rendu compte qu’il y avait lieu de contrôler ces deux maillons que sont la société civile et la presse pour éviter de connaitre la même mésaventure que le président Wade. Il fallait qu’il inféode et phagocyte ces deux maillons que sont la société civile et la presse. D’ailleurs, on se rappelle bien de la phrase qu’il avait lancée au lendemain de son élection : «Je ne voudrais pas avoir un mouvement comme Y’en a marre en face de moi». Cette phrase voulait tout dire. Car, en maitrisant ces deux maillons, il n’aura affaire qu’à l’opposition. Et ce qui est remarquable, c’est que, depuis un moment, on se rend compte que dans le cadre de ce qu’il appelle le partage des responsabilités après la conquête du pouvoir, Macky Sall a enrôlé plusieurs grandes figures de la société civile. C’était une manière aussi pour lui d’éviter que son pouvoir ait à faire à cette force que constituait la société civile. La deuxième chose est qu’il y a beaucoup de groupes de presse dont les propriétaires ou les initiateurs font partie intégrante du système en place. Il en est du groupe Gfm, le Populaire devenu maintenant Vox populix avec Bara Tall et son mouvement «Yamalé», le groupe Avenir communication de Madiambal Diagne, le groupe Rewmi de Mbagnick Diop «Souche» et récemment le patron de la 2 Stv.

Résultat, Macky Sall n’a maintenant affaire qu’à l’opposition et tout ce que cette opposition fait ou dit, une bonne part des Sénégalais le met sous le compte d’un exercice du jeu politique où l’opposition est dans son rôle de critique alors que le pouvoir fait son travail. Et même si l’opposition tient un discours qui met l’accent sur un certain nombre d’impairs et de défaillances du régime, on le met facilement sur ce compte politique tout simplement parce que la politique suscite de plus en plus de la désaffection pour les Sénégalais qui croient que tous les hommes politiques sont pareils et qu’ils ne se battent que pour leurs intérêts personnels. Voilà comment le président Sall a réussi à déconnecter la population du monde politique. Et c’est ce qui fait que, malgré beaucoup d’impairs qu’on n’avait pas supportés sous le régime de Wade, c’est comme si ça passe comme lettre à la poste».

DR JEAN CHARLES BIAGUI, ENSEIGNANT CHERCHEUR EN SCIENCES POLITIQUES A L’UNIVERSITÉ CHEIKH ANTA DIOP :«Les stratégies de mobilisation font défaut»

Il est clair que la question du parrainage, les coupures d’eau dans la région dakaroise, de même que les procès à caractère politique comme ceux de Barthélémy Dias et surtout de Khalifa Sall n’ont pas suscité beaucoup de mobilisations collectives de la part des Sénégalais. Cependant, il ne faudrait surtout pas y voir un signe de désintérêt pour les questions d’ordre sociétal ou politique. Plusieurs raisons peuvent justifier cet état de fait. Je voudrais juste m’attarder sur deux hypothèses possibles à savoir la faiblesse de la société civile sénégalaise et le manque de culture démocratique. La société civile sénégalaise, même si elle prend de plus en plus de consistance, demeure tout de même faible. Elle n’arrive pas ainsi à mobiliser les populations sénégalaises. Il ne faut pas forcément penser que les Sénégalais ne s’intéressent pas aux enjeux sociaux et politiques. C’est surtout les stratégies de leur mobilisation qui font défaut.

Dans une démocratie représentative, le niveau de démocratie ne dépend pas uniquement de l’architecture institutionnelle mais aussi et surtout du lien entre l’État et la société civile. C’est à cette dernière d’œuvrer, à travers des mobilisations collectives en particulier, afin que l’État ne sombre pas dans la dérive autoritaire. Malheureusement, dans notre pays, il y a très peu de mobilisations collectives par rapport aux nombreux enjeux sociétaux. Lorsqu’elles existent, elles se résument en général à des marches de protestations. Il y a tellement de stratégies de mobilisations collectives qui ne sont pas explorées par les acteurs de la société civile. D’une manière générale, la société civile sénégalaise n’a pas une importante capacité politique d’influencer le cours des événements.

La seconde hypothèse qui pourrait expliquer le peu de réactivité des Sénégalais est le manque de culture démocratique. Beaucoup de Sénégalais pensent que l’élection est l’unique cadre d’expression démocratique.

L’idée que le citoyen doit attendre le jour du scrutin pour se prononcer sur la marche du pays est une idée partagée par de nombreux Sénégalais. C’est ce que j’appelle l’électoralo-centrisme du système politique sénégalais. On confond ainsi le citoyen et l’électeur. C’est une conception réductrice de la démocratie. Dans les démocraties avancées, le citoyen s’exprime régulièrement et selon diverses modalités en dehors des périodes électorales. Il s’y ajoute le fait que l’interdiction des manifestations pacifiques n’aide pas beaucoup à mobiliser les Sénégalais. Mais, là encore, c’est à la société civile à travers ses démembrements d’imposer un rapport de force capable de mettre un terme au caractère autoritaire de l’État. Elle n’y arrive pas toujours et c’est une faiblesse du système politique sénégalais. L’actualité récente à Madagascar et en Arménie nous montre qu’il est possible de s’opposer aux dérives politiques de manière pacifique. Toutefois, il n’est pas toujours facile de prédire les réactions futures d’un peuple. Les mobilisations collectives des Sénégalais peuvent prendre prochainement des tournures qui peuvent remettre en cause les hypothèses que je viens de suggérer».


AAD Senxibar



1.Posté par KIA le 15/05/2018 19:31
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