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FEUILLETON KARIM WADE: DE L’EUPHORIE AU DESENCHANTEMENT PAR MBEMBA DRAMÉ

Mercredi 25 Mars 2015

Le verdict de la CREI est enfin tombé. Il marque l’épilogue d’un long feuilleton juridico politique qui a tenu le Sénégal entier en haleine pendant tout le temps qu’à duré le cirque des procédures qui ont abouti à une condamnation lourde pour les uns équitable pour les autres.

Mais, à dépasser le contour du processus juridico institutionnel qui a précédé un verdict du reste prévisible des réflexions majeures s’imposent. Wade père, fin politicien, grand manipulateur, versatile et téméraire n’aura surpris personne.

La saga de la Wadophobie qui a toujours mis au pas les adeptes du SOPI est réapparue sous forme de dose hypnotisant et au-delà du fragile vernis des apparences de démocratie, les jeux de coulisse ont bien vite réussi à faire passer comme lettre à la poste la candidature de Wade fils pour la présidentielle de 2017.

Ce flirt avec la célébrité qui donnait ainsi à Karim le jackpot de l’unanimisme plutôt populiste, cultivé par son père de président déchu autour de lui se voit dans une posture de futur homme d’état même étant en prison.

Mais cette candidature annoncée sur fonds de troubles même silencieux installe la multitude dans d’autres troubles endogènes et exogènes.

Une telle entreprise initiée et réussie par le prophète du SOPI autour du plébiscite de son fils est aussi un avantage turbulent car présente une multitude de logiques divergentes selon les positions inavouées et celles superficielles qui expriment un semblant d’adhésion plutôt hypocrite.

La première hypothèse, qui présente le schéma d’une difficile représentation, d’une construction d’un état d’esprit de reconnaissance de la légitimité et par la logique de l’unité d’histoire s’articule autour de l’idée que « ce SOPI nous appartient à nous tous».

Mais le monologue silencieux est celui selon lequel « le père a été président de la république donc le fils le sera », Hélas, non ! On peut être uni par le sang et avoir des destins opposés. L’histoire d’Abdoulaye WADE est son histoire, celle de Karim WADE est la sienne.

Fonder la reconquête du pouvoir sur cette logique ne repose sur aucun postulat ou paradigme objectif. C’est juste du domaine du possible. Se battre pour cette vision comme une vérité absolue, c’est chuter fatalement et aveuglé- ment dans une erreur notoire que la plupart des observateurs et opposants politiques avertis ont combattu en son temps : la dévolution anarchique.

La seule différence avec cette désignation est que le vieux renard politique, a cette fois ci, pris en otage la plupart des militants du PDS, jadis opposés à ce model de fétichisme politique en les intégrant à son mode de ré- flexion, de fonctionnement et de comportement en jouant sur le coté victimaire de Karim.

Une dose de louvoiement subtile mais insidieusement diffuse permet de voiler les intentions réelles de mettre son « prisonnier de fils » en pole position pour l’échéance présidentielle de 2017. L’hypothèse selon laquelle le pouvoir se conquiert quand on veut mieux l’éprouver et le vivre dans la grandeur par des repères autour de la souffrance et des épreuves. Ceci pose la problématique de la logique de l’unité de lieu :

REBEUSS et le PALAIS PRESIDENTIEL.

On le sait, Me Wade est parti d’un l’un vers l’autre. Le fils aura-t-il la même trajectoire ? La représentation de ce phénomène mystico-magicopolitique perturbe la raison de plusieurs militants.

En effet Me Wade qui aura bravé les manifestations politiques interdites, aspiré des lacrymogènes et fait d’incessants allers-retours au bagne a eu une trajectoire rude et éprouvante à l’opposé de son fils qui n’a pas connu les tribulations du terrain politique. Il serait temps d’arrêter de rêver de telles vies politiques et de vivre ses rêves.

De ce point de vue, Karim aura beaucoup à apprendre. Tout le monde sait que Wade père fut un opposant plus ou moins éternel, combatif, reconnu nationalement et internationalement, qui, en son temps a pu fédérer la plupart des Sénégalais à sa cause dans le combat contre le pouvoir socialiste moribond. Ce qui n’est nullement le cas de Wade fils.

Sa trouvaille LA GENERATION DU CONCRET n’a jamais fait le poids politique au Sénégal pour légitimer un exemplaire et extraordinaire parcours militant pour le désormais candidat libéral à la présidentielle de 2017.

D’autres qui ont cette légitimité sont devenus des quantités et des qualités négligeables et insignifiantes.

Au-delà des « candidats légitimes » qui auraient pu arborer les couleurs libérales à cette échéance présidentielle annoncée tels que Me Ousmane Ngom, Idrissa Seck , et dans une moindre mesure Souleymane Ndéné Ndiaye, ceux là qui s’agitent sont ,soit des militants de la 25eme heure ou de simples jupitériens politiques tombés dans les bonnes grâces du prophète du SOPI qui a toujours été fidèle à certaines amitiés privilégiées…

Mais la logique de l’espoir d’une pérennisation de ces idéaux place Me Wade dans une posture de dynastie déguisée qui s’organise autour de l’hypothèse d’une dévolution silencieuse du pouvoir.

Avec la fausse note que l’impact du blocage dû à la prison et à l’espace temporel qui retient son fils dans les limites d’une inactivité politique pose la lourde équation d’un projet politique qui risque d’être différé dans sa concrétisation.

Quelles sont les causes et aboutissants de ce processus de désignation à un moment où la justice n’était pas encore rendue.

En effet l’intronisation de Karim candidat à la présidentielle de 2017 à 72heures du verdict rendu par la CREI est un malaise volontairement voulu par Wade à Macky pour encenser les consciences mal initiées autour d’une certaine idée visant à rendre son fils comme l’adversaire le plus dangereux de l’actuel président qui s’amé- nagerait ainsi une marge de paisibilité à écarter Karim du champ politique où le fils de Wade serait apparu trop encombrant .

Le verdict tombé, la question n’est pas de dire si Karim est coupable ou non L’enseignement majeur qui filtre de tout procès visant à combattre l’impunité est de donner aux institutions la plénitude de leur force véritable et leur indépendance vis-à-vis des pouvoirs. Coupable ou non, Karim, lui sait.

Dieu le sait. Karim, aujourd’hui condamné, ce ne sera pas seulement le pouvoir judicaire qui sera accusé mais aussi le pouvoir exécutif sous le prétexte que Macky Sall aurait peur de Karim candidat, comme indiqué plus haut.

Si Karim avait été libéré hier lundi 23 Mars, ce serait donc Macky Sall, c’est-à-dire le dossier Karim et la lutte contre l’enrichissement illicite qui seraient vidés de leur contenu, de leur crédibilité et de leur légitimité : tout ça pour ça ! dirait-on.

Vraisemblablement en précipitant la désignation sur fond de manipulation le samedi 21mars dernier et en éliminant d’autres candidats potentiels plus aptes, le vieux Wade a sorti de son chapeau une de ses dernières stratégies socio politiques, une bombe à retardement.

Un Boomerang ?

Mais, au moment où Karim déjà intronisé reste en prison pour le temps de la durée de peine qui vient de lui être infligée , pourra t- on toujours tenir en haleine la clameur du soutien libéral et du Sénégalais tout court qui n’aura compris que l’idée d ’ « injustice » selon son niveau d’information pour réserver sa voix aux urnes en faveur du célèbre prisonnier de Rebeuss ou la lassitude qui est le propre de l’ engagement politique quand mobilisation ne signifie toujours pas conviction et engagement indéfectible finira t- elle par triompher de l’état d’esprit des militants et sympathisants avant la date fatidique de l’élection présidentielle de 2017. Seul le temps nous édifiera !

SENEPLUS


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